WP2: Vulnérabilité écologique, et impacts biologiques

Première mission de cartographie de la tolérance thermique des coraux à Lifou
Du 20 au 29 mars 2025, le navire ANTEA a accosté à Lifou, dans la subdivision des îles Loyauté en Nouvelle-Calédonie, pour la première mission du Work Package 2 (WP2) du projet MaHeWa.
L’objectif global : étudier la résilience des coraux et améliorer nos capacités de gestion face aux canicules marines, un enjeu crucial dans un contexte de changement climatique. Une équipe scientifique est partie explorer 10 récifs répartis sur deux sites éloignés, incluant des zones clés comme la Baie du Santal, le Cap Aimé Martin et la Baie de Chateaubriand. Cette équipe scientifique était composée de Gregory Lasne (Biocénose marine), Magalie Boussion (ENTROPIE, IRD), Riccardo Rodolfo-Metalpa (ENTROPIE, IRD), Jérémie Vidal-Dupiol (IHPE, Ifremer) et Fanny Houlbrèque (ENTROPIE, IRD).
Première simulation de vagues de chaleur marines sur le platax en Polynésie française

Vairao (Tahiti), novembre 2025 – Le projet MaHeWa a franchi une étape importante avec la réalisation de la première simulation expérimentale de vagues de chaleur marines appliquée au poisson lune Platax orbicularis, ou Paraha peue. Cette espèce, emblématique des lagons polynésiens et d’intérêt aquacole pour le fenua, a fait l’objet d’un protocole expérimental conçu et mis en place lors de la mission de Benjamin Geffroy (Ifremer – UMR MARBEC Montpellier), venu appuyer l’équipe Ifremer de Vairao pour la préparation du dispositif et le lancement des essais.

Mission de l’ILM à Mangareva pour étudier la ciguatera dans un contexte de canicules marines

Dans le cadre du projet MaHeWa, une équipe de l’Institut Louis Malardé (ILM) est actuellement en mission dans l’archipel des Gambier, en Polynésie française. Ce déplacement s’inscrit dans le Work Package 2 – Task 2.2, consacré à l’étude des impacts des blooms d’algues toxiques (HAB), en particulier ceux liés à la ciguatera, une intoxication alimentaire d’origine marine causée par des micro-algues du genre Gambierdiscus.

Publication d’une étude clé sur la ciguatera en Nouvelle-Calédonie

Dans le cadre du WP2 du projet MaHeWa — et plus particulièrement de la Tâche 2.2 dédiée aux impacts des blooms d’algues toxiques (HAB) et à la ciguatera — une nouvelle étude majeure vient d’être publiée dans la revue Harmful Algae. Intitulé « Gambierdiscus polynesiensis from New Caledonia (South West Pacific Ocean): Morpho-molecular characterization, toxin profile and response to light intensity », cet article implique directement deux chercheurs engagés dans MaHeWa : Thierry Jauffrais et Manoella Sibat.

Canicules marines et blooms de Trichodesmium : étude des impacts biologiques

Les observations à haute fréquence issues de la bouée HOPE, déployée en Nouvelle-Calédonie, apportent de nouveaux résultats au WP2 du projet MAHeWa sur les impacts biologiques des canicules marines (MHW).

Les données révèlent une augmentation très rapide de la biomasse planctonique de surface, pouvant quadrupler en quelques heures lors de MHW, favorisant la formation accélérée de neige marine carbonée et sa sédimentation vers les profondeurs. Ces processus sont notamment liés à des blooms de diazotrophes (Trichodesmium), habituellement saisonniers dans les zones tropicales oligotrophes.

En juillet 2025, une MHW persistante détectée grâce aux outils de prévision MAHeWa (en partenariat avec Mercator Ocean) a été associée à des efflorescences inhabituelles de Trichodesmium en plein hiver austral. Ces événements créent des oasis biologiques temporaires favorables à la fixation du carbone, tout en soulevant des questions sur la résilience des écosystèmes côtiers, notamment coralliens.

Les expérimentations menées sur la bouée HOPE et en laboratoire permettent de quantifier la sédimentation de la neige marine et d’estimer la séquestration durable du CO₂, suggérant que certaines MHW pourraient, de manière contre-intuitive, augmenter temporairement le puits de carbone océanique.

Ces résultats renforcent l’évaluation par MAHeWa de la vulnérabilité écologique des écosystèmes côtiers et désormais semi-hauturiers, contribuant à une meilleure anticipation des impacts biologiques des canicules marines.