Canicules marines et blooms de Trichodesmium : étude des impacts biologiques

Les observations à haute fréquence issues de la bouée HOPE, déployée en Nouvelle-Calédonie, apportent de nouveaux résultats au WP2 du projet MAHeWa sur les impacts biologiques des canicules marines (MHW).

Les données révèlent une augmentation très rapide de la biomasse planctonique de surface, pouvant quadrupler en quelques heures lors de MHW, favorisant la formation accélérée de neige marine carbonée et sa sédimentation vers les profondeurs. Ces processus sont notamment liés à des blooms de diazotrophes (Trichodesmium), habituellement saisonniers dans les zones tropicales oligotrophes.

En juillet 2025, une MHW persistante détectée grâce aux outils de prévision MAHeWa (en partenariat avec Mercator Ocean) a été associée à des efflorescences inhabituelles de Trichodesmium en plein hiver austral. Ces événements créent des oasis biologiques temporaires favorables à la fixation du carbone, tout en soulevant des questions sur la résilience des écosystèmes côtiers, notamment coralliens.

Les expérimentations menées sur la bouée HOPE et en laboratoire permettent de quantifier la sédimentation de la neige marine et d’estimer la séquestration durable du CO₂, suggérant que certaines MHW pourraient, de manière contre-intuitive, augmenter temporairement le puits de carbone océanique.

Ces résultats renforcent l’évaluation par MAHeWa de la vulnérabilité écologique des écosystèmes côtiers et désormais semi-hauturiers, contribuant à une meilleure anticipation des impacts biologiques des canicules marines.