Une nouvelle doctorante rejoint l’équipe du projet MaHeWa !

Mahewa
Célia Caillibot nous a rejoint depuis juillet au sein des locaux de la représentation de l’Ifremer en Nouvelle-Calédonie. Sous la direction de Thierry Jauffrais (IFREMER), Nicolas Lebouvier (UNC) et Philipp Hess (IFREMER), elle travaillera dans le cadre du WP2: Vulnérabilité écologique, et impacts biologiques.

Après une formation initiale à Bordeaux en Chimie – Parcours Ecotoxicologie et Chimie de l’Environnement, elle a réalisé un premier stage pendant son master 1 au sein de la représentation de l’Ifremer de Concarneau sur les effets de dinoflagellés ichtyotoxiques du genre Karlodinium sur les gamètes d’huîtres. Elle a ensuite réalisé un second stage au cours de son M2 à l’ISEA (Institut de sciences exactes et appliquées) sur les valeurs de références pour le nickel (Ni), le cobalt (Co), le chrome (Cr), le fer (Fe), le manganèse (Mn) et l’arsenic (As) des cours d’eau des massifs de péridotites. Avec ces deux premières expériences et son diplôme en poche, elle a pu poursuivre son parcours  en VSC sur la mise en place d’une méthode de dosage multi-résidus de pesticides dans les végétaux par Chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse en tandem (GC-MS/MS) au sein du Laboratoire de Nouvelle-Calédonie (LNC, DAVAR).
Désireuse d’en apprendre davantage sur les spécificités environnementales du contexte néo-calédonien, elle a pu décrocher un contrat doctoral et une bourse Ifremer ! Ce projet se fait en partenariat avec l’Ifremer ( LEAD-NC et PHYTOX), l’UNC (ISEA), le projet MaHeWa.
Célia CAILLIBOT

La thèse de Célia vise à mieux comprendre le risque lié à la ciguatera en Nouvelle-Calédonie, une intoxication alimentaire provoquée par la consommation de poissons contaminés par des ciguatoxines produites par la microalgue Gambierdiscus. Ce phénomène, fréquent en zone tropicale, constitue un enjeu majeur de santé publique avec 10 000 à 50 000 cas par an, et se trouve aggravé par les effets du changement, qui favorisent les proliférations d’algues toxiques. En l’absence de traitement curatif et face à des symptômes variés (gastro-intestinaux, neurologiques et cardiovasculaires), l’objectif de cette thèse est d’adopter une approche pluridisciplinaire pour améliorer la compréhension de ce risque, en croisant les champs de, de l’écophysiologie, de la chimie, de la biologie moléculaire et de la gestion des ressources marines, afin de mieux prévenir les intoxications dans le contexte calédonien.

La méthodologie développée par Célia repose sur une approche intégrée combinant études de terrain et analyses en laboratoire afin de mieux comprendre la diversité et le comportement des microalgues toxiques du genre Gambierdiscus en Nouvelle-Calédonie.
Des campagnes seront menées sur trois sites d’étude (Lifou, le lagon Sud et potentiellement Ouvéa) pour évaluer l’impact des saisons et des canicules marines sur la diversité microalgale, à l’aide de dispositifs SPATT (Solid Phase Absorption Toxin Tracking) et WS (Window screen) destinés à collecter les microalgues et caractériser les toxines présentes, notamment les ciguatoxines.
Des prélèvements de poissons (herbivores et carnivores) et de bénitiers seront également réalisés quatre fois par an sur les mêmes sites afin d’analyser la toxicité des espèces consommées localement.
En laboratoire, les souches de Gambierdiscus isolées seront identifiées par des méthodes de biologie moléculaire, d’analyse morphologique et de chimio-taxonomie, en vue de constituer une algothèque. Ces souches seront ensuite exposées à différentes températures pour étudier leur croissance, leur tolérance thermique, leur potentiel toxique et leur organisation cellulaire, afin de prédire l’évolution du risque ciguatérique dans un contexte de réchauffement des océans et de mieux comprendre les profils toxiniques des espèces marines.
Exemple de souche de microalgue dinoflagellée appartenant au genre Gambierdiscus
Nous ne manquerons pas de partager à la communauté MaHeWa ses premiers résultats de recherche pour un projet plus que prometteur !