Efflorescences de Trichodesmium suite aux canicules marines ?

Mahewa

Données scientifiques · Octobre 2025

La bouée HOPE révèle une dynamique planctonique inédite lors des canicules marines

Les récentes données issues de la bouée HOPE, déployée en Nouvelle-Calédonie, enrichissent les analyses de MaHeWa sur les effets des canicules marines en révélant une dynamique à très haute fréquence de la biomasse planctonique en surface, capable de quadrupler en quelques heures et favorisant la formation accélérée de « neige marine » carbonée qui sédimente vers les abysses.

Dans les « déserts océaniques » tropicaux couvrant 60 % de la surface marine, les diazotrophes comme Trichodesmium créent des blooms massifs agissant comme engrais naturel, en fixant l’azote atmosphérique pour booster la chaîne alimentaire et le stockage de carbone — des mécanismes typiquement saisonniers (novembre à avril).

En juillet 2025, une canicule marine persistante détectée via nos outils de prévision en partenariat avec Mercator Ocean serait à l’origine d’efflorescences persistantes de Trichodesmium en plein hiver austral, créant des « oasis temporaires » positives pour la fixation du carbone en plein océan, mais interrogeant la résilience des récifs coralliens côtiers déjà vulnérables. Les expériences menées à la bouée HOPE et en laboratoire par l’équipe HOPE — impliquant les doctorants Ambroise Delisée et Matthieu Savarino, ainsi que la microbiologiste Mercedes Camps — quantifient la sédimentation de cette neige marine et estiment la séquestration durable du CO₂. De manière contre-intuitive, les canicules marines pourraient temporairement conduire à augmenter la séquestration de CO₂ dans l’océan. Des études conjointes HOPE-MaHeWa permettront d’en savoir plus dans les mois à venir.

Pour MaHeWa, ces résultats biologiques permettent d’affiner l’évaluation des risques liés aux canicules marines pour les écosystèmes côtiers et semi-hauturiers, et de favoriser une adaptation proactive aux perturbations climatiques notamment en période hivernale.

Crédit photo : Sophie Bonnet.