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Nouvelle doctorante · Juillet 2025 Bienvenue à Célia Caillibot, doctorante MaHeWa sur la ciguatera en Nouvelle-Calédonie |
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Célia Caillibot nous a rejoints depuis juillet au sein des locaux de la représentation de l’Ifremer en Nouvelle-Calédonie. Sous la direction de Thierry Jauffrais (IFREMER), Nicolas Lebouvier (UNC) et Philipp Hess (IFREMER), elle travaillera dans le cadre du WP2 : Vulnérabilité écologique et impacts biologiques.
Un parcours riche avant la thèse Après une formation initiale à Bordeaux en Chimie – Parcours Écotoxicologie et Chimie de l’Environnement, Célia a réalisé un premier stage de master 1 au sein de la représentation Ifremer de Concarneau, sur les effets de dinoflagellés ichtyotoxiques du genre Karlodinium sur les gamètes d’huîtres. Elle a ensuite effectué un second stage de M2 à l’ISEA (Institut de sciences exactes et appliquées) sur les valeurs de référence pour plusieurs métaux dans les cours d’eau des massifs de péridotites. Elle a par la suite poursuivi son parcours en VSC sur la mise en place d’une méthode de dosage multi-résidus de pesticides dans les végétaux par chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse en tandem (GC-MS/MS) au sein du Laboratoire de Nouvelle-Calédonie (LNC, DAVAR). Désireuse d’approfondir les spécificités environnementales du contexte néo-calédonien, elle a décroché un contrat doctoral et une bourse Ifremer, en partenariat avec l’Ifremer (LEAD-NC et PHYTOX), l’UNC (ISEA) et le projet MaHeWa.
Sujet de thèse : mieux comprendre le risque ciguatérique en Nouvelle-Calédonie La thèse de Célia vise à mieux comprendre le risque lié à la ciguatera en Nouvelle-Calédonie, une intoxication alimentaire provoquée par la consommation de poissons contaminés par des ciguatoxines produites par la microalgue Gambierdiscus. Ce phénomène, fréquent en zone tropicale, constitue un enjeu majeur de santé publique avec 10 000 à 50 000 cas par an, aggravé par les effets du changement climatique qui favorisent les proliférations d’algues toxiques. En l’absence de traitement curatif et face à des symptômes variés (gastro-intestinaux, neurologiques et cardiovasculaires), l’objectif est d’adopter une approche pluridisciplinaire croisant écophysiologie, chimie, biologie moléculaire et gestion des ressources marines, afin de mieux prévenir les intoxications dans le contexte calédonien. Méthodologie La méthodologie développée par Célia repose sur une approche intégrée combinant études de terrain et analyses en laboratoire. Des campagnes seront menées sur trois sites (Lifou, le lagon Sud et potentiellement Ouvéa) pour évaluer l’impact des saisons et des canicules marines sur la diversité microalgale, à l’aide de dispositifs SPATT et WS destinés à collecter les microalgues et caractériser les toxines présentes, notamment les ciguatoxines. Des prélèvements de poissons (herbivores et carnivores) et de bénitiers seront également réalisés quatre fois par an sur les mêmes sites. En laboratoire, les souches de Gambierdiscus isolées seront identifiées par biologie moléculaire, analyse morphologique et chimio-taxonomie, en vue de constituer une algothèque. Ces souches seront ensuite exposées à différentes températures pour étudier leur croissance, leur tolérance thermique, leur potentiel toxique et leur organisation cellulaire, afin de prédire l’évolution du risque ciguatérique dans un contexte de réchauffement des océans.
Nous ne manquerons pas de partager avec la communauté MaHeWa ses premiers résultats de recherche pour un projet plus que prometteur ! |